Une BD satirique, pourquoi ?

 

 

Pour tout connaître sur les raisons qui nous ont mené à la création de cette BD

 

Le constat

 

Tout est parti d’un constat, l’arrivée des salles de fitness/musculation ultra low cost en masse ces dernières années et leur impact (douloureux) sur les salles indépendantes.

 

 

La stratégie low cost

 

A titre de comparaison, le prix des salles de sport low cost en 2012 tournait autour des 30€ par mois, il est maintenant de 20€ par mois. Et quoi après, on vous offrira les premiers mois (et un sac) ?! Oh attendez… Déjà fait !

Autant vous dire que pour les indépendants il devient difficile (pour ne pas dire impossible) de s’aligner sur de tels tarifs et de telles offres.

C’est une stratégie qui marche puisque ces salles attirent du monde… beaucoup de monde ! 2000, 3000, 4000 voir 5000 adhérents dans certains clubs avec des surfaces pouvant atteindre les 3000 m², format usine… Tout cela n’est pas sans conséquences : des salles surchargées sur les heures d’affluence (“hey on peut alterner sur la machine ? Non désolé il me reste encore 18 séries…”), des comportements d’incivilité et des personnes en manque d’encadrement et de conseil dû à un faible ratio coachs/adhérents (de l’ordre de 1/1000 dans certaines salles)

Car oui, l’encadrement et le conseil sont (très) importants dans une salle de musculation et c’est le rôle des éducateurs sportifs diplômés.

 

 

Éducateur sportif, un métier

 

Alors que le monde du fitness et de la musculation à le vent en poupe, de plus en plus de personnes s’orientent vers les métiers de la forme (BPJEPS AGFF, DEUST métiers de la forme, STAPS).

Une fois diplômés, ils pourront alors travailler dans une salle de sport, des associations ou encore devenir coach sportif à leur compte.
Être éducateur sportif dans une salle de sport ne doit pas se limiter qu’à vendre des abonnements, faire de la saisie informatique et rester cloîtré à l’accueil en attente de nouveaux adhérents. Être éducateur sportif c’est avant tout être présent sur le plateau musculation pour encadrer, accompagner, conseiller, s’assurer des bonnes pratiques et veiller à la sécurité des adhérents.

Car proposer un accès 24h/24, 7j/7 c’est pratique certe, mais que faire si un adhérent reste bloqué sous une barre à une heure où personne n’est présent ?

Vouloir tirer les prix vers le bas pour attirer des prospects (et écraser la concurrence) c’est une chose, mais il faut de l’autre côté accepter la réalité du marché de l’emploi dans ce secteur et embaucher des éducateurs sportifs diplômés (et pas que des coachs indépendants sur certaines tranches horaires ou seulement pour des coachings privés… #emploisprécaires) qui soient présents dans la salle et sur l’espace musculation, de l’ouverture à la fermeture de celle-ci !

Car ces prix au ras des pâquerettes ont un impact direct sur nos professions et participent à la précarisation de notre secteur (il faut bien faire des économies quelque part n’est ce pas …?). Certaines salles en arrivent même à donner des cours collectifs avec des coachs virtuels au travers d’un écran… Bref, c’est la standardisation et la déshumanisation du monde de la remise en forme dans son plus bel accoutrement !

 

 

David contre Goliath

 

Être une salle de sport indépendante en 2018 est un combat de tous les jours à armes inégales. Alors que la stratégie du petit prix, 24h/24, du maintenant et tout de suite bat son plein, l’essentiel est mis de côté, le service (humain).

En tant que salle indépendante, nous nous posons donc la question de la morale et de l’éthique professionnelle de ces salles et encourageons les indépendants comme nous à continuer de garder la tête haute car au final, David triompha contre Goliath.